Nous sommes partis ensemble en bus, l’occasion de suivre la RD1, tout en longeant la Seine, ce qui a permis d’évaluer la diversité des paysages de Saint-Ouen à Epinay via Saint-Denis.

Juste avant la mairie d’Epinay, nous découvrons le nouveau « jardin des cinq sens » construit en terrasses et surplombant la Seine. Un chemin piétonnier en pente longe le jardin et en quelques mètres nous nous retrouvons alors à des kilomètres de la ville et de ses grands immeubles en béton.

Le paysage apparaît sauvage et bucolique :
  • le chemin de halage initialement existant a Ă©tĂ© dĂ©placĂ© et Ă©largi en gagnant sur le fleuve grâce Ă  des remblais ;
  • le chemin est bordĂ© d’un cĂ´tĂ© par une haie de saules plongeant dans la Seine, de l’autre cĂ´tĂ©, lĂ©gèrement surĂ©levĂ© et bordĂ© par un muret de pierres apparentes, de la verdure, des arbres et plus loin les jardins des pavillons avoisinants ;
  • le lieu est paisible, presque pas de bruit, Ă  part le lĂ©ger clapotis d’une pĂ©niche de marchandises.
Après discussion et échanges avec le conducteur des travaux et une représentante d’Epinay, nous apprenons que la 1ère phase du chantier a démarré en 2001 pour s’achever il y a peu de temps. Une deuxième tranche, qui prolongera la promenade en direction de Saint-Denis, démarrera en 2007 avec l’aide des subventions de fonds européens, régionaux et départementaux.

Le résultat final n’est pas lié à l’œuvre de la nature, mais à de gros travaux de terrassement, de paysagistes et urbanistes, ainsi qu’à une étude précise de l’érosion des berges. Des rochers et des plantes aquaphylles ont été placés en bas des berges pour retenir la terre, ainsi que des Saules. Des pontons en belvédère surplombent de temps à autre le fleuve pour créer des percées visuelles entre la haie d’arbres et profiter ainsi du paysage.

Nous apercevons l’île Saint-Denis et la dure réalité de la vie nous rattrape lorsque nous découvrons qu’un SDF s’abrite dans une cabane creusée sous la route.
5 ans après le début des travaux, la population piscicole a été multipliée par sept et les essences de végétaux sont passées de 30 à 50 variétés différentes. Grâce à l’aménagement, des berges, l’environnement a donc été amélioré et une réserve de pêche a ainsi été créée, tout en respectant les normes de navigation de cette voie fluviale.

Les remarques des Audoniens du pĂ´le citoyen sur Epinay :
  • l’ensemble est sauvage et très vert, mais toutefois un peu monotone (uniquement des saules) et linĂ©aire ;
  • la haie de saules a tendance Ă  dissimuler le fleuve ;
  • pas assez de bancs, ni de poubelles, pas d’éclairage par choix pour prĂ©server le caractère naturel du site ;
  • le revĂŞtement en gravillons ne permet pas de faire du roller ou de la trottinette mais donne aussi ce caractère naturel (pas de bitume) ;
  • le lieu semble Ă  part de la ville, il manque peut-ĂŞtre des activitĂ©s qui pourraient recrĂ©er du lien entre les habitants et le fleuve, comme des tables de pique-nique, kiosque Ă  musique, ginguettes pour boire un verre et se retrouver, aires de jeux pour les enfants, aires de pĂŞche.
De retour sur Saint-Ouen, nous nous sommes rendus à la maison des projets pour échanger ensemble sur nos impressions et les idées à retenir pour les Docks. L’intervenant de la Sodedat93 a su susciter le débat entre Audoniens, qui selon leurs âges, ou leurs situations, n’imaginent pas les mêmes usages pour les futures berges des Docks.

Les idées à retenir pour les futures berges de Seine des Docks :
  • Garder un cĂ´tĂ© sauvage et bucolique pour dĂ©compresser de la ville. Du coup, certains ont peur que l’ajout d’activitĂ©s dĂ©nature le cĂ´tĂ© sauvage et verdoyant.
  • RĂ©flĂ©chir Ă  la diversitĂ© des usages et donc des zones, par type de population : familles, cĂ©libataires, personnes âgĂ©es, joggers, roller, cyclistes, pĂŞcheurs.
  • Faudra-t-il crĂ©er 2 cheminements diffĂ©rents comme sur les bords de Marne (goudron et graviers) ?
  • L’amĂ©nagement des berges obĂ©it Ă  des contraintes techniques d’anticipations des types de plantations et d’érosion, des types de sol/revĂŞtements en cas d’inondations, du respect des normes de largeur et profondeur des voies navigables.
  • IntĂ©grer dès le dĂ©part des activitĂ©s : tables de pique-nique, kiosque Ă  musique, ginguettes pour boire un verre et se retrouver, bancs, Ă©clairages, aires de jeux pour les enfants, aires de pĂŞche, piste de roller, sentier piĂ©tons.
  • La circulation douce des Docks devra ĂŞtre, comme Ă  Epinay, construite en contre-bas abritĂ© par un muret et/ou haie vĂ©gĂ©tale, ce qui protĂ©gera des nuisances sonores et visuelles de la voie rapide RD1.
  • Penser Ă  prĂ©server l’accessibilitĂ© et la sĂ©curitĂ© pour les piĂ©tons qui devront traverser la RD1 pour se rendre sur les berges de Seine, notamment pour les personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite. Penser la « circulation douce » des berges en lien avec d’autres circulations douces pour crĂ©er une « trame verte » depuis le futur parc Gare des Batignolles, en passant par le parc urbain du RERC, le parc des docks, les berges et ce jusqu’au parc de l’île Saint-Denis.
Les personnes présentes ont pris conscience qu’une partie des berges des Docks sera nécessairement moins bucolique que celles d’Epinay. En effet, le côté ville (par opposition au côté Seine) sera occupé, soit par des immeubles, soit par l’incinérateur et l’usine CPCU. Seule la partie des berges en bordure du futur parc de 15 hectares sera réellement verte ! Le tout étant toujours longé par la voie rapide RD1, et ce même s’il existe un projet de « pacification du trafic ».

Le pôle citoyen repart d’Epinay avec une vision plus concrète de ce que pourrait être, ou ne pas être les Docks. Merci à la municipalité pour cette initiative qui sera d’ailleurs poursuivi au travers d’autres visites encore à venir à Nanterre et Lyon.

Prochaine réunion du pôle citoyen le 22 novembre 2006 à la Bourse du travail rue Ambroise Croizat à Saint-Ouen, venez, c’est ouvert à tous les Audoniens.

Vous ne pouvez-pas venir ? Faites-nous part de vos remarques et suggestions sur lesaudoniens.com.

Valérie Bernard.