Le mot patrimoine n'a pas toujours la même valeur selon les appréciations personnelles de chacun et les contraintes extérieures bien sûr. Souvenons-nous, il n'y pas si longtemps : tout le monde critiquait la future pyramide du musée du Louvre.
Plus proche de nous Ă  Saint-Ouen :
  • les habitants de la porte Saint-Ouen demandaient la rĂ©habilitation des bâtiments au moment oĂą la municipalitĂ© dĂ©cidait de leur destruction pour construire un nouveau quartier. Voir article sur la rĂ©union publique de juin 2006 (voir l'article);
  • MĂŞme chose pour le Vieux Saint-Ouen : certains se souviennent encore avec nostalgie de la Folie Godillot, belle maison bourgeoise, dĂ©truite par la Mairie dans les annĂ©es 1960 pour construire des logements sociaux en bords de Seine et le long de l'Église du Vieux Saint-Ouen. Il fallait accueillir les rapatriĂ©s d'AlgĂ©rie, reloger les mal-logĂ©s des bidonvilles de la Zone. D'autres villes ont fait d'autres choix, chacun en fonction de ses propres convictions parfois humanistes, parfois Ă©lectoralistes toutes Ă©tiquettes confondues ;-).
Depuis les années 60, grâce notamment au ministre Malraux, mais aussi à l'UNESCO, il existe de nombreuses réglementations qui incitent à la conservation du patrimoine.

Le patrimoine au sens où on l'entend aujourd'hui dans le langage officiel et dans l'usage commun, est en effet une notion toute récente qui couvre de façon vague tous les biens culturels et naturels hérités du passé. Plus récente encore, et non sans réticences, est l'intégration à l'ensemble de ces biens du cadre bâti ancien : édifices monumentaux, rues, places, palais, bâtiments, morceaux de villes qui en constituent les noyaux historiques et villes à part entière. Cette extension typologique du patrimoine, s'accompagne d'une extraordinaire diffusion géographique qui touche à l'heure actuelle plus du tiers des pays du monde. Face à la dégradation, à la destruction volontaire ou accidentelle qui menace en permanence ces tissus urbains hérités, le souci de les sauvegarder a gommé les frontières entre les continents et les nations et a abouti à la constitution de biens patrimoniaux appartenant à l'humanité toute entière et placés sous sa responsabilité.

Mais que faut-il conserver ? Comment continuer à écrire l'histoire d'une ville, d'un pays, tout en cultivant tradition et modernité ? Ainsi, la dialectique ancien /nouveau pose différentes questions :
  • Qu'est-ce qu'il faut conserver et comment : musĂ©ifier et vouloir Ă  tout prix tout conserver ne mène-t-il pas parfois Ă  une inertie ?
  • Comment sauvegarder sans musĂ©ifier ?
  • Comment intĂ©grer le neuf dans l'ancien ?
  • Comment moderniser les tissus anciens en les adaptant aux exigences de la vie moderne sans dĂ©truire leur morphologie, leur essence, les principes constructifs, leur charme ?
  • Comment permettre aux architectes de marquer leur siècle par des rĂ©alisations nouvelles sans dĂ©figurer l'Ă©quilibre existant ?
  • Comment garantir que ces rĂ©alisations nouvelles d'aujourd'hui feront partie du patrimoine de demain ?
  • Comment concilier les intĂ©rĂŞts privĂ©s et les intĂ©rĂŞts publics ?
  • Comment par exemple transformer le patrimoine d'une ville en pĂ´le d'attractivitĂ© touristique et donc Ă©conomique ?
Toutes ces questions se sont posées dans les pays du Nord et ont trouvé des réponses, peut être pas toujours réussies, mais qui sont riches en enseignements divers. Le transfert et la diffusion de ces expériences, à travers l'enseignement (la formation), les colloques et les tables rondes, les supports pédagogiques et médiatiques divers, peut aider à réfléchir et à éviter certaines écueils. Nous espérons que la ville de Saint-Ouen saura effectuer les bons choix dans le respect des habitants et de la démocratie.

Vous avez envie de donner votre définition du patrimoine pour Saint-Ouen ? Alors faites-le sur lesaudoniens.com. Voici quelques pistes pour initier le débat :
  • La patinoire fait-elle partie du patrimoine de la ville ou relève-t-elle de choix hasardeux d'urbanisme ?
  • Et les Puces ? Et les jardins ouvriers ?
  • Que pensez-vous de l'architecture de la future mĂ©diathèque : s'intĂ©grera-t-elle dans l'espace urbain actuel ?
A vos claviers !!!

Valérie Bernard
Secretaire de l'AVIPSO (Association de Vigilance sur le Patrimoine et l'Environnement de Saint-Ouen)