Réunion publique sur la ligne 13
Ecole élémentaire Belliard – Paris 18ème
Mardi 13 mars 2007


Compte-rendu

Un mardi 13 mars 2007, pour parler de la 13… faire le point, rendre compte et échanger était l’objectif de cette réunion organisée par la mairie du 18ème arrondissement.

Etaient présents :

Plus de 220 voyageurs de la ligne 13, habitants des 18ème et 17ème arrondissements, et de communes de la première couronne (Saint-Ouen, Gennevilliers…).
Mme Marie-Pierre de la Gontrie, 1ère Vice-Présidente du Conseil régional d’Ile-de-France,
Mme Anne Hidalgo, 1ère Adjointe au Maire de la Ville de Paris,
M. Pascal Auzannet, Directeur du département du développement et de l’action territoriale de la RATP,
M. Laurent Souvigne, Directeur de la ligne 13,
M. Daniel Vaillant, Député-Maire du 18ème arrondissement,
Mme Annick Lepetit, Députée et 1ère Adjointe au Maire du 18ème arrondissement.

Était excusé : le syndicat des transports en Ile-de-France (STIF)

Après présentation et définition des rôles et des missions de chaque intervenant par Daniel Vaillant et Annick Lepetit, chaque invité était convié à rendre compte de ses démarches et à répondre aux questions de la salle.

Annick Lepetit a dressé en introduction l’état de saturation de la ligne 13.

550 000 voyageurs par jour actuellement ce qui place la ligne 13 au 4ème rang des lignes les plus fréquentées du réseau, derrière la ligne 1 (700 000 voyageurs par jour ou la 4 avec 665 000 voyageurs ou la 7 avec 560 000 voyageurs par jour). Taux de charge en heure de pointe sur les tronçons les plus empruntés de 116 % soit 4 personnes au mètre carré aux heures les plus chargées, 20 000 voyageurs/h aux heures de pointe (par sens et sur les tronçons les plus chargés), 105 secondes est le temps moyen d’attente au minimum entre 2 branches.

La ligne 13 connaît actuellement l'une des plus fortes hausses de fréquentation avant même son prolongement jusqu'à Asnières Gennevilliers Le Luth en 2008 qui amènera 23 000 voyageurs en plus par jour.
Elle a également souligné les perspectives aggravantes :
  • Une augmentation du trafic est Ă  prĂ©voir en raison des nouveaux projets urbains sur les territoires desservis par la ligne (Cardinet-Batignolles, Saint-Ouen, Saint-Denis...) et du prolongement de la ligne jusqu’au quartier du Luth Ă  Asnières qui amènera près de 23 000 voyageurs par jour supplĂ©mentaires ;
  • La semi-automatisation de cette ligne, censĂ©e rĂ©duire l'intervalle entre les trains de 105 secondes Ă  90 secondes (projet Ouragan), initialement prĂ©vue pour 2005, est dĂ©sormais reportĂ©e pour 2011 par la RATP ;
  • Par ailleurs Ouragan ne pourra absorber l’augmentation Ă  venir du trafic.
Dans ce contexte, Daniel Vaillant et Annick Lepetit ont rappelé l’engagement de l’équipe municipale en faveur du développement des transports collectifs qu’il s’agisse du dédoublement de la ligne 13 et l’amélioration du réseau de bus (extension des horaires et des trajets) et prolongement du tramway au moins jusqu’à la porte d’Asnières. Le conseil d’arrondissement du 18ème s’est ainsi prononcé favorablement au prolongement du tramway jusqu’à porte d’Asnières et a adopté à l’unanimité un vœu en faveur du dédoublement de la ligne 13.

Marie-Pierre de la Gontrie a relaté les négociations qu’elle a menées pour la région avec l’Etat et son représentant, Bertrand Landrieu, préfet de région, dans le cadre du contrat de projets Etat / Région 2007-2013 (CPER*). Le CPER, d’un montant global de 5,5 milliards d’euros est signé entre la région et l’Etat et décide du financement des grandes infrastructures en Ile-de-France. Il y a autant de CPER que de régions. Précisant l’investissement de la région pour la politique des transports s’élevant à près d’un quart du budget du conseil régional, Marie-Pierre de la Gontrie a fait mention des réticences de l’Etat à considérer la ligne 13 autrement que comme un « buzz médiatique ». Au final, ce sont 25,5 millions d’euros qui figurent au titre des crédits d’études opérationnelles dans le CPER 2007-2013 dont 7,5 millions de l’Etat et 18 millions de la région. Les premiers travaux pourraient commencer en 2010.
Des contrats particuliers pourront être signés entre la région et les départements de Paris, de Seine-Saint-Denis et des Hauts de Seine pour financer les premiers travaux. Plusieurs scénarii sont à l’étude actuellement et seront présentés par Jean-Paul HUCHON, président du syndicat des transports en Ile-de-France (STIF*) le 28 mars prochain.

Anne Hidalgo a exprimé la solidarité de l’équipe municipale dans ce combat des citoyens et de nombreux usagers parisiens et de banlieue de la ligne 13. A cet égard, elle a indiqué que la ligne 13 faisait partie des 3 priorités de la Ville défendues auprès de la région dans le cadre des négociations sur le contrat de projets Etat / région 2007-2013 : gare Eole, gare des Halles, et dédoublement de la ligne 13. Ce dernier a donc été inscrit dans le Plan de déplacement de Paris adopté en février 2007. Considérant que le développement de l’offre de transport participe de l’attractivité du territoire, la Ville de Paris s’est prononcée en faveur d’une implication forte de l’Etat et regrette qu’il ne participe qu’à hauteur de 30 % au financement des crédits d’étude et non de travaux. Enfin, la Ville de Paris a dénoncé la tentative de mettre en concurrence des projets au seul motif de faire échouer la réalisation d’infrastructures de transports, certes coûteuses mais nécessaires au développement de quartiers populaires.

Parmi le public, de nombreux utilisateurs de la ligne 13 ont fait part de leurs questions, leurs remarques, leurs suggestions interpellant la RATP dans un climat serein avec passion quelquefois, respect et politesse toujours ! Les interventions ont principalement porté sur :
  • l’amĂ©lioration de la frĂ©quence des trains,
  • les distinctions entre le matĂ©riel sur la ligne 13 et sur la ligne 1, jugĂ© plus confortable et plus capacitaire,
  • le programme Ouragan, qui connaĂ®t trop de retard,
  • l’expĂ©rimentation des portes palières et leur installation dĂ©finitive,
  • les diffĂ©rents scĂ©narii Ă©tudiĂ©s, leur coĂ»t et les dĂ©lais de rĂ©alisation.
Pascal Auzannet et Laurent Souvigne ont répondu aux nombreuses exaspérations des usagers en évoquant le plan progressif mis en œuvre par la RATP :

Amélioration des fréquences à l’heure de pointe le soir (effectif depuis décembre), puis à l’heure de pointe le matin (prévu à échéance du prolongement de la ligne 13 mi 2008), entraînant l’embauche de 27 conducteurs supplémentaires.
rénovation du matériel roulant (de nombreux intervenants ont regretté que le les wagons MF2000, qui circulent sur la ligne 14, ne soient pas prévus sur la ligne 13). Toutefois, d’après Pascal Auzannet, le MF2000 et le MF77 rénovés (wagons de ligne 13) auront à peu près la même capacité soit 580 personnes pour le MF2000 contre 600 personnes pour le MF77 rénové, nouvelle augmentation des fréquences à échéance 2011 (programme OURAGAN), « probable » équipement en portes palières dès 2009.
Le tout pour un montant « considérable » de 215 M€, « alors que l’automatisation de M1, ce n’est que 100M€ ».
S’agissant des projections de trafic, Pascal Auzannet a annoncé que ses prévisions de trafic courraient jusqu’en 2011-2012, avec les opérations d’urbanisme déjà engagées, et que selon leurs projections, la saturation de la ligne devrait être ramenée de 120% à 90% à l’heure de pointe le matin en 2011. Cependant, au-delà de 2011, le rapide développement urbain tant à Paris qu’en première couronne conduira à passer à d’autres initiatives : ce sont les études payées au CPER et qui feront l’objet des travaux menés sous l’égide du STIF. En ce sens, il conforte la pression des usagers et des élus pour la construction d’une infrastructure lourde sur la ligne 13.

Il a précisé que 12 scénarii étaient à ce jour à l’étude et cité les principaux :
  • La mĂ©tĂ©orisation c’est-Ă -dire la reprise d’une branche de la ligne 13 par la ligne 14. Mais ce scĂ©nario, Ă©valuĂ© entre 1,2 et 1,5 millions, pose un problème de phasage. En raison d’un « effet aspirateur », les travaux devraient ĂŞtre rĂ©alisĂ©s d’un coup.
  • Le dĂ©branchement d’une des deux branches transformĂ©es en ligne indĂ©pendante, avec rupture de charge Ă  Saint-Lazare, par exemple. Cette hypothèse permettrait des extensions ultĂ©rieures, notamment vers Stains. Ce projet est estimĂ© entre 750 et 815 millions d’euros.
  • Le projet MĂ©trophĂ©rique (dont le tronçon de 11km de la DĂ©fense Ă  Saint-Denis s’élève nĂ©anmoins Ă  près de 1160M€) qui pourrait absorber une partie des flux de transit sur Paris par la ligne 13 (soit 20 % du trafic de la ligne 13 actuellement).
  • L’extension de la ligne 14 pour allĂ©ger la ligne 13 et absorber une partie Ă©galement des flux de transit.
Toutes ces hypothèses seront examinées par les élus membres du comité de suivi de la ligne 13 dont font partie entre autres Daniel Vaillant et Annick Lepetit.

Annick Lepetit a conclu, après plus de deux heures de débat, sur sa volonté de renouveler ces échanges avec tous les acteurs concernés afin de rendre compte régulièrement aux voyageurs et habitants concernés du comité de suivi de la ligne 13 initié par le STIF.

LEXIQUE : CPER : Le Contrat de Projets Etat / Région, d’un montant global de 5,5 milliards d’euros est signé entre la région et l’Etat et décide du financement des grandes infrastructures en Ile-de-France. Il y a autant de CPER que de régions. STIF : Le Syndicat des transports d’Ile-de-France organise et développe des transports publics de voyageurs adaptés aux besoins des franciliens. Il a pour mission de mettre en œuvre la politique voulue et décidée par les collectivités locales qui le composent (la Région, la Ville de Paris et les 7 autres départements d’Ile-de-France). Les transports sont assurés par la RATP, la SNCF Ile-de-France (Transilien), et les compagnies de bus privées regroupées dans l’association OPTILE.